Sunday, July 26, 2015

Le rôle de l’officier d’échange français à l’USAFA

Après avoir évoqué la formation initiale des officiers dans l'US Air Force et plus précisément l’USAFA, attardons-nous à présent sur le rôle de l’officier d’échange français à l’USAFA.

Echanger = Donner une chose et en recevoir une autre en contrepartie (définition du CNRTL)

D’instructeur à l’origine, l’officier français en poste à l’USAFA a acquis des fonctions de liaison

Quelques années après la création de l’USAFA en 1954, l’Académie ouvre ses portes à des officiers francophones : un français et un belge sont alors assignés au département des langues, en 1961, avec pour objectif d’enseigner le français.

Si historiquement, il n’y pas de réciprocité en termes d’échange d’officiers, un tournant va se produire et va aboutir à accroitre les liens entre les deux Ecoles. En 1966, le Général De Gaulle décrète le retrait des personnels militaires des structures intégrées de l’OTAN. Pour les chefs militaires des deux pays, qui ont combattu et coopéré ensemble, cette annonce peut avoir des conséquences néfastes pour le futur.

En 1968, l’ambassadeur des Etats-Unis en France, Sargent Shiver, propose alors que les deux pays échangent des personnels militaires. Cette idée est très favorablement reçue par le commandant de l’Ecole de l’air (Général Claude Grigaut) ainsi que par le Superintendant de l’USAFA (Général Thomas Moorman). Des discussions naissent sur un échange semestriels d’élèves, qui commencera en 1969 avec parmi les 6 élèves-officiers français reçus à l’USAFA, un certain Richard Wolsztynski, qui deviendra en 2002, chef d’état-major de l’armée de l’air. En 1974, l’USAFA a également accueilli le jeune Stéphane Abrial, futur chef d’état-major de l’armée de l’air également, mais aussi premier officier non-américain à prendre la tête d’un commandement militaire stratégique de l’OTAN.

Cet échange d’élèves va conduire progressivement à une réciprocité en termes d’échange d’officiers et en avril 1975, sera signé un protocole d’accord concernant l’échange d’officiers entre l’Armée de l’air et l’US Air Force. Jusqu’à cette date, les élèves américains étaient accompagnés par un officier américain qui ne restait à Salon de Provence que pendant le semestre. A l’USAFA, l’officier français prenait lui, la charge du groupe pendant leur passage dans le Colorado en plus de ses fonctions d’instructeur.


Avec quelques élèves, en cours de conception d’aéronef, directement sur les avions de la place Terrazzo

L’officier d’échange français a conservé aujourd’hui cette double casquette, à la fois d’instructeur et de liaison entre les académies

En tant qu’officier d’échange, son rôle est d’enseigner au sein de l’Académie. Si à l’origine, sa tâche était d’enseigner le français, son domaine de prédilection a évolué pour tendre vers un enseignement scientifique (aéronautique ou électronique en fonction des compétences des officiers) puis uniquement dans le domaine aéronautique depuis bientôt 20 ans. Ainsi, il est en charge d’enseigner le cours d’aéronautique en anglais, mais également en français pour certains élèves américains capable de comprendre parfaitement la langue de Molière. Donner des cours représente un excellent moyen d’échanger avec les élèves sur des aspects culturels et techniques et finalement de montrer une méthode de raisonnement qui peut être différente.

Mais le rôle de l’officier d’échange ne se résume pas seulement à enseigner. Il faut aussi assurer la bonne tenue des échanges d’élèves entre les deux écoles. L’échange semestriel est bien évidemment l’échange le plus connu. Il existe depuis 1969 et permet à 8 cadets de chaque pays de passer un semestre complet dans l’autre académie, d’août à décembre. Ces élèves suivent exactement le même cursus de formation que leurs homologues et sont parfaitement intégrés au sein des promotions ou des squadrons. Cet échange a été unique pour les deux écoles pendant des dizaines d’années et a été cité en exemple à de multiples reprises. C’est ainsi que cela a donné lieu à d’autres échanges avec d’autres académies militaires étrangères depuis la fin des années 1990 (Allemagne, Espagne, Japon,…).

Cadets français de l’échange 2013 avec Tony Parker de passage à l’USAFA

Un autre type d’échange est celui concernant les projets de recherche, appelé Cadet Research Summer Program (CSRP). Au printemps, des élèves vont au sein de l’autre académie pour conduire de telles recherches. En 2013 par exemple, 7 cadets français sont venus à Colorado Springs pour étudier l’hypersonique, la fatigue structurelle, l’attitude d’un satellite ou encore des aspects de cyberdéfense. En rythme de croisière, l’objectif est d’avoir 6 élèves de chaque école insérés au sein des laboratoires de l’école homologue pendant une période de 4 à 12 semaines.

En outre, à un niveau supérieur, la France et les Etats-Unis ont signé en 1994, un accord d’échange de scientifiques : Engineers and Scientists Exhange Program (ESEP). Ce programme d’échange permet à des ingénieurs militaires ayant 4 années d’expérience de pouvoir étudier dans des laboratoires de l’autre pays. A ce titre, l’USAFA accueille depuis quelques années des Capitaines effectuant leur stage de fin d’études pour le compte de leur formation EMSST (Enseignement Militaire Supérieur Scientifique et Technique). Pour eux, c’est l’occasion d’effectuer des recherches sur des systèmes très performants et d’intégrer une autre façon d’enseigner, ce qui est judicieux dans la perspective de leur future mission de professeur à l’Ecole de l’air.

Représenter l’armée de l’air

Si des échanges d’élèves-officiers et d’officiers sont à organiser, il faut aussi représenter la France à chaque instant, donner à tout moment la meilleure image possible de notre communauté, répondre à des questions sur notre politique de défense ou susciter la curiosité des cadres et élèves de l’école sur les enjeux actuels vus par notre « vieux pays ».

Un des moyens possibles est de participer en tant qu’invité à des cours de sciences politiques sur le thème de la défense en France. Parfois, c’est même au sein de l’université de Denver, et auprès d’élèves en Master, qu’il s’agit de faire une explication sur la politique française.

En participant à des cours de français ou lors des cours d’aéronautique, il est possible de faire connaître notre armée, notre culture, nos technologies et notre pays.

Finalement, c’est dans les échanges informels au quotidien que se transmettent également des liens, petit à petit. Ces échanges quotidiens sont déterminants car comme dans toutes institutions militaires et d’autant plus dans une académie, le turn-over est très important et il faut sans cesse recréer des liens avec les nouveaux arrivants.

Les actuels officiers d’échange étrangers (Allemand, Espagnol, Français et Japonais) entourant le CEMAA brésilien, annonçant l’arrivée d’un officier brésilien à l’été 2015

 

Sunday, July 12, 2015

La formation à l'USAFA

Suite à l’article précédent sur la formation des officiers de l’US Air Force, on s’attarde aujourd’hui un peu plus sur l’USAFA.



Une formation exigeante de 4 ans

L’entrée à l’USAFA se fait après la dernière année de high school (17 / 18 ans). Il faut être parrainé par un fonctionnaire fédéral. La sélection se fait exclusivement sur dossier. Pour la promotion 2017, l’USAFA a reçu plus de 9700 dossiers, mais seuls 1190 ont rejoint l’USAFA. Les critères de choix sont multiples mais principalement basés sur le niveau scolaire et le sport, tout en tenant compte de l’origine géographique des candidats (tous les états sont représentés). La population féminine, autorisée depuis 1976, s’établit à environ 22%. A la différence de ses homologues français, un cadet américain ne sait pas en entrant s’il sortira de l’école en tant que PN, mécanicien ou basier. C’est son classement final qui le déterminera.

Environ 4000 cadets sont présents à l’USAFA. La scolarité s’effectuant sur 4 ans, le nombre d’élèves par année (class) s’établit en moyenne à environ 1000 élèves. Pour la récente Graduation, le nombre de cadets était de 840. Le taux d’attrition pendant la période de formation à l’USAFA, lié à des insuffisances scolaires, au non-respect du code de l’honneur, aux aptitudes et au comportement général du cadet,… est de l’ordre de 24% ces dernières années [1]. A titre d’information, la formation d’un cadet (incluant sa solde, les livres, le logement, la nourriture, les programmes de formation en vol, les stages d’immersion en dehors de l’académie et à l’étranger,…) est évalué à 445 000 $ [2]. En cas d’échec, le cadet devra en rembourser une partie (de 40 à 50 000$ par année passée, mais cela peut se négocier !) ou alors il devra s’engager en tant qu’enlisted.

Nombre de cadets admis à suivre le cursus de l’USAFA et ceux gradués, par année de graduation (source : Association of graduates, http://www.usafa.org/ClassData/Index/)

A titre d’anecdote sur le fort taux d’attrition (en moyenne 33% depuis la création de l’USAFA), une ancienne de la promotion 1991 racontait qu’en tout début de cursus, les cadres de l’académie réunissaient tous les élèves à Arnold Hall et disaient : « regardez votre voisin de droite et de gauche, dans 4 ans, un de vous 3 ne sera plus là ».

La formation se divise en trois parties : académique, militaire et sportive. 550 professeurs, dont environ 75% de militaires, enseignent aux élèves dans 4 domaines principaux, eux-mêmes divisés en 5 sous-domaines. On retrouve ainsi les sciences fondamentales, les sciences de l’ingénieur, les sciences sociales et les sciences humaines et par exemple au sein des sciences de l’ingénieur, on y enseigne l’aéronautique et l’astronautique notamment. Les 2 premières années sont globalement communes à l’ensemble des cadets et les 2 dernières permettent à chaque cadet de se spécialiser dans une des 31 majeures proposées. Contrairement au système français où l’emploi du temps des élèves est fixé par promotion, ici chaque élève a son propre emploi du temps, adapté aux cours qu’il a sélectionné et au moment où il souhaite suivre les cours (certains cours n’exigent pas de prérequis ou peuvent être fait plus tard dans la formation). Si quand on lit l’emploi du temps, il semble qu’il y a beaucoup de temps libre, il faut rappeler la pratique quotidienne du sport mais surtout la nécessité pour les cadets de préparer les cours avant la leçon elle-même, ce qui implique une forte charge de travail personnel.

Les installations de l’USAFA brillent par leurs qualités. Le département Aéronautique dispose de nombreuses souffleries permettant de faire des essais dans l’hypersonique (Mach 6 à 7), dans le régime de vol supersonique (Mach entre environ 1,2 et 5) et transsonique (aux alentours de Mach 1) et bien évidemment à des vitesses plus faibles (Mach 0,6 et moins). Au sein du département Astronautique, les élèves conçoivent des microsatellites (inférieurs à 100 kg) et les gèrent lorsqu’ils sont dans l’espace. D’ailleurs, un microsatellite de l’USAFA est actuellement en orbite.

L’USAFA est toujours bien classée parmi les établissements américains délivrant des diplômes universitaires de niveau licence : 4ème en général et notamment 2nd pour la formation aéronautique, ainsi que astronautique et aérospatial. L’USAFA est aussi très présente et reçoit de nombreuses récompenses nationales et internationales pour les études menées en son sein.

A la fin des 4 ans de l’USAFA, les cadets obtiennent un Bachelor Degree qui est remis en main propre, suivant les années, par le Président des Etats-Unis, le Vice-président, le Secrétaire de la Défense ou la Secrétaire à la Force aérienne. Les meilleurs cadets d’une promotion (environ 10%) sont sélectionnés pour suivre une formation de niveau Master dans des universités prestigieuses américaines (MIT,…) ou étrangères.

Certains cherchent à l’USAFA un moyen d’obtenir un diplôme avec une très bonne notoriété, associé à une expérience professionnelle enrichissante. Ainsi, pour les promotions 2014 et antérieures, on peut voir l’évolution du nombre de cadets gradués restant dans l’USAF :

Evolution du nombre de cadets gradués en fonction du nombre d’années après la graduation [3]

La vie d’un cadet et le code de l’honneur

L’organisation militaire à l’USAFA est très particulière : à une chaîne militaire classique, s’ajoute une chaîne de commandement composée uniquement de cadets, via le programme ODS (Officer Development System). Ces cadets sont donc répartis en 40 escadrons, qui se rassemblent en 4 escadres. Une telle organisation permet aux élèves d’avoir une première expérience du commandement et sur le plan organisationnel, de limiter la présence de cadres à seulement 1 officier et 1 sous-officier pour 100 cadets.

La formation commence fin juin avec une initiation militaire d’un mois, réalisée sur place dans Jack’s Valley (une vallée au nord de l’USAFA). Puis, commence en août la formation académique. Des exercices militaires ponctuent l’année et sont faits dans chaque escadron. Une première délivrance a lieu au mois de mars (soit 9 mois après leur arrivée), avec la fin du bahutage : Recognition. Ils ne sont plus obligés de courir sur les dalles de la place Terrazzo et peuvent enfin parler à table…


Formation militaire initiale dans Jack’s Valley

La clef de voute de l’organisation de l’USAFA est le code de l’honneur : Un cadet ne doit pas mentir, voler ou tricher ni tolérer qu’un autre le fasse. Cet idéal doit le guider et l’inspirer dans chaque instant de sa vie. Un manquement est très sévèrement sanctionné.

Les cadets français en échange semestriel sont totalement intégrés à la vie américaine. S’il y a de très nombreux avantages, il y a aussi le revers de la médaille car à l’instar des autres élèves, ils doivent également se soustraire à ce code qui créé, pour des mentalités européennes, un climat de suspicion et peut aller à l’encontre de l’esprit d’entraide et de camaraderie.

Entre deux années académiques, en juin et juillet, ils organisent leur temps comme ils l’entendent : formation en vol, formation académique (des cours d’été qui ne seront pas à faire à l’automne), stage d’immersion dans l’US Air Force ou à l’étranger, projet de recherche,…

Après près de 4 ans à Colorado Springs, arrive enfin le moment du tout dernier test (incluant le passage traditionnel dans la fontaine)…


… puis de la Graduation.


Le sport !

L’USAFA a depuis longtemps mis l’accent sur le sport. La formation comporte au minimum deux heures de sport quotidien, dans de multiples disciplines réparties en trois niveaux possibles : celui dans la cadre des cours, le sport en inter-escadrons et la compétition interuniversitaire. 26 équipes effectuent des compétitions contre les autres écoles.

Le football (celui US !) est le sport roi et fait l’objet d’un mini-tournoi opposant les 3 armées afin d’obtenir le Commander in Chief's Trophy des mains du président. A ce jeu, l’USAFA domine avec 20 victoires contre 17 pour Navy et seulement 6 pour Army.

Les installations sont grandioses et feraient pâlir d’envie de nombreuses villes françaises. Le stade de football a une capacité de 50 000 places. Les cadets disposent d’une patinoire, d’un terrain de basket, de deux piscines, une piste d’athlétisme en intérieur,…

[1] Source : Association of graduates : http://www.usafa.org/ClassData/Index/
[2] Source : USAFA quick facts, http://www.usafa.af.mil/information/factsheets/factsheet.asp?id=21371
[3] Source : données croisées de l’Open data de l’USAF (http://access.afpc.af.mil/vbinDMZ/broker.exe?_program=ideaspub.IDEAS_Step1.sas&_service=pZ1pub1&_debug=0) et de l’Association of graduates

Friday, July 10, 2015

La Formation initiale des officiers dans l’US Air Force

A travers 3 articles, je vous propose de découvrir/redécouvrir la formation initiale des officiers dans l’US Air Force, puis plus précisément l’USAFA et enfin mon rôle d’officier d’échange.

Pour devenir officier, la filière la plus connue est bien évidemment de suivre la formation de l’US Air Force Academy (USAFA). Mais il en existe deux autres : ROTC et OTS. En parallèle de ces filières, une autre voie est possible mais ne sera pas traitée dans cet article. Elle concerne certains domaines bien précis comme le soutien du personnel, l’aide juridique ou la santé.

La formation à l’US Air Force Academy

Créée en 1954 soit 7 ans après la naissance de l’US Air Force, l’USAFA est l’une des 3 principales académies militaires des Etats-Unis avec West Point pour l’US Army et Annapolis pour l’US Navy. L’école est localisée au Nord-ouest de Colorado Springs, ville située à près de 1 800 m d’altitude, au pied des rocheuses et notamment de Pikes Peak (4 302 m). Le climat, souvent ensoleillé, représente un endroit idéal pour l’initiation au vol et l’altitude crée un cadre d’entraînement physique idéal. Avec 7 500 hectares, 4 000 cadets, 1 000 officiers, 1 000 sous-officiers et 1 600 civils, l’US Air Force Academy est l’une des plus grandes bases de l’US Air Force. La plate-forme aéronautique est également l’une des plus actives pour les vols en VFR.

La formation est gratuite mais les cadets s’engagent à servir dans les forces pendant au moins 4 ans, voire jusqu’à 10 ans après le macaronage pour les pilotes. En cas d’échec durant la formation pendant l’USAFA, le cadet a la possibilité de s’engager en tant qu’enlisted, ou alors de rembourser la formation à hauteur de 40 à 50 000 dollars par année passée.
Chose surprenant pour nous français, certains cadets en fin de cursus académique rejoindront une autre armée. Si lors de la Graduation, ils portent l’uniforme de cérémonie de l’US Air Force, la veille, lorsqu’ils reçoivent leur grade d’officier, ils sont déjà dans l’uniforme de leur future armée.

L’USAFA sous la menace des incendies en Juin 2012

Les 2 autres programmes de formation

Outre ce programme de formation de l’USAFA, il est possible de devenir officier en suivant deux autres filières.

La filière ROTC (Reserve Officer Training Corps) date, pour les forces armées des Etats-Unis, de 1862 (Land-Grant Act), mais le nom n’apparaitra qu’en 1916. Dans l’US Air Force, ce programme concerne plus de 1 100 nouveaux étudiants en université chaque année qui suivent des cours dans le civil et utilisent leurs vacances pour effectuer leur formation militaire. L’US Air Force finance leurs études et à l’issue de la formation, le 2nd Lieutenant s’engage à servir dans les forces entre 4 ans et 10 ans pour les pilotes. Cette formule de formation présente des intérêts en termes de gestion des flux mais aussi d’acquisition de compétences rares pour des filières de recherche, de renseignement ou de cyberdéfense par exemple, qui ne pourraient pas être enseignées à un coût modéré au sein de l’USAFA.

Si les deux précédentes filières s’adressent à des jeunes fraichement issus de High School, il existe une possibilité pour les militaires du rang de devenir officier, à l’instar de l’Ecole Militaire de l’Air . Il s’agit de la filière OTS (Officer Training School). Le programme s’effectue sur la base aérienne de Maxwell (Alabama). Certains anciens militaires du rang peuvent également rejoindre l’USAFA à la condition notamment d’avoir moins de 23 ans.

La répartition entre l’ensemble de ces filières est approximativement de 40% d’officiers de ROTC, 20% de l’USAFA, 20% de OTS et le reste correspond à des recrutements pour des besoins très spécifiques comme évoqués en introduction.

Au sein de l’USAF, parmi les officiers les plus gradés, on retrouve principalement les officiers issus de l’USAFA et de ROTC. Mais alors que la proportion d’officiers issus de ROTC est supérieure à celle de ceux de l’USAFA à tous les grades, pour celui de Général, il y a une quasi égalité, prouvant l’influence croissante de l’Academy. L’actuel chef d’état-major de l’USAF (Général Mark Welsh) et son prédécesseur (Général Norton Schwartz) ont fait leurs classes à l’USAFA. 633 anciens de l’USAFA ont été promus généraux et 132 sont toujours en activité.

Proportion des officiers issus de ROTC, OTS et USAFA par grade (source : USAF open data, http://access.afpc.af.mil/vbinDMZ/broker.exe?_program=ideaspub.IDEAS_Step1.sas&_service=pZ1pub1&_debug=0)

La formation d’un pilote

Les formations aériennes dispensées à l’Academy sont regroupées au sein du 306th Flying Training Group. Ce Group est composé de 5 Squadrons dont le 1st Flying Training Squadron, le 94th Flying Training Squadron, le 98th Flying Training Squadron et le 557th Flying Training Squadron.

Le 1st Flying Training Squadron a pour mission de sélectionner les élèves-pilotes sur des DA-20 depuis 2006. Cet escadron n’est pas situé à Colorado Springs mais à Pueblo (50 miles au Sud).
Le 94th Flying Training Squadron est spécialisé dans l’instruction sur planeur, avec deux niveaux de formation : celle initiale où l’objectif est le lâché (environ une douzaine d’heures de vol), puis celle pour devenir instructeur (la formation initiale des élèves étant faîte par d’autres élèves). A cela s’ajoutent des clubs de voltige et de cross-country.

Le 98th Flying Training Squadron concerne les activités liées au parachutisme et à la chute libre. Là encore, deux niveaux de formation initiale ou avancée. L'Equipe de démonstration composée uniquement d'élèves, s’entraine dans cet escadron.

Le 557th Flying Training Squadron permet aux élèves de découvrir le vol moteur. L’initiation se fait sur Cirrus SR20 (T-53). Pour ceux qui rejoindront ensuite la « flying team », ils passeront sur Cessna T-51. Des Cessna T-41 complètent l’escadron et sont utilisés pour des cours académiques, afin d’illustrer certaines notions (essais en vol, mécanique du vol,…).

La formation d’un PN de l’Academy

La formation aéronautique sur planeur, parachute et vol moteur est optionnelle pour les cadets, sauf pour ceux qui souhaitent voler à l’issue de leur formation.

Chaque année, 600 élèves volent sur des Cirrus pour effectuer le programme de formation initiale, avec pour objectif d’atteindre le lâcher en une dizaine de vol.
Après la Graduation et si les élèves ont été sélectionnés pour devenir pilote, ils rejoignent le 1st Squadron pour effectuer les tests de sélection en vol, concentrés en une douzaine de vols. Le taux d’échec est de l’ordre de 10%.

Puis, le pilote qui réussit sa sélection va sur une des bases écoles pendant un peu plus d’un an. Pour ensuite, faire sa transformation sur l’avion d’arme et devenir enfin, pilote en unité opérationnelle. Dans le meilleur des cas, il faut 2 ans environ après la sortie de l’Ecole.

Thursday, June 25, 2015

José Prince [Ex'14] outstanding cadet in the aeronautics core course

Congratulation to José Prince [Ex'14], who was the best cadet in the Aeronautics core course last fall...
The typo on the roll of honor will be fixed soon.




Wednesday, June 17, 2015

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Général Reboul [Ex'84] à la tête de la transformation du CEAM

Article publié le 17 juin 2015, par Emmanuel Huberdeau, sur le site d'Air&Cosmos

Bourget 2015 : Le CEAM évolue

C'est un changement de nom qui traduit une réforme profonde. Le CEAM ne sera bientôt plus le Centre d'Expérimentation de l'Armée de l'Air mais le Centre d'Expertise Aérienne Militaire. A l'étranger le CEAM se présente désormais comme le "Air Warfare Center" français.

L'acronyme reste donc le même, mais le nouveau CEAM voit son champ de compétence s'élargir. Le centre reste le spécialiste des équipements au sein de l'Armée de l'Air mais il devient également le référent pour la doctrine et l'expertise technique du combattant. Le général Reboul, son commandant, explique que ces trois piliers sont le fondement de la capacité militaire de l'armée de l'Air.

Le CEAM a désormais six grandes missions : la conduite des études exploratoires, le soutien à l'acquisition de nouveaux équipements, la rédaction des doctrines d'emploi, l'exploitation des retours d'expérience, la formation de cadres référents au sein des unités et le conseil aux chefs opérationnels.

Le centre, dont la structure de commandement est basée à Mont de Marsan, gardera donc  ses fonctions traditionnelles. Il test par exemple tous les équipements devant entrer en service dans l'armée de l'Air, des systèmes les plus sophistiqués aux plus simples. Mais désormais c'est également le CEAM qui rédigera la doctrine d'emploi de ces équipements, le "mode d'emploi de la bataille" comme la décrit le général Reboul. L'un des axes majeurs de la réforme du CEAM est la création d'un stage afin de former les futurs réferents du centre d'expertise au sein des unités. Ces stagiaires seront formés à la méthodologie qui leur permettra de diffuser et transmettre les meilleures pratiques, mais aussi de favoriser la réflexion personnelle et collective et de bâtir les retours d'expérience. Le CEAM compte former une vingtaine de référents par an qui seront issus de toutes les unités de l'armée de l'Air. La formation sera aussi ouverte aux spécialistes des opérations aériennes de la Marine et de l'armée de Terre.

Le CEAM continuera de s'appuyer sur près de 700 experts regroupés au sein de trois domaines : le C2 (Commandement et Contrôle) et l'ISR (Renseignement), la projection et l'intervention. 200 personnes travaillent au sein de centres d'expertise. Le général Reboul met en avant notamment ses experts de la guerre électronique, qui selon lui, sont parmi les meilleurs au monde.

La réforme du CEAM sera effective à partir de septembre 2015, mais dans les faits les premières actions ont déjà été mises en place.

Général Richard Reboul
Crédit: sudouest.fr

Thursday, June 11, 2015

Thomas GIL [Ex’14] represented the French Air Force Academy at the Pegasus-AIAA student conference

The 2015 edition of the Pegasus conference was held in Salon-de-Provence at the French Air Force Academy. Pegasus stands for “Partnership of a European Group of Aeronautics and Space UniversitieS” and was created to “attract the best students and also to offer highly relevant educational and research programs”. Every year, a competition gathers European students.

This year, 30 students from 13 different institutions in 7 different countries presented their scientific papers in Aerodynamics, Aircraft Design, Propulsion, Safety, Space Engineering, Flight Dynamics or Structures.

For the first time, the French Air Force Academy attended this competition and 2nd Ltt Thomas GIL was in charge to represent it. His article (published below) dealt with the roughness-induced boundary-layer transition experiment in a Mach 6 Ludwieg tube.

While he was at USAFA for his semester exchange, in addition to his humanities courses, he had to conduct a research on the recently bought Ludwieg Tube. Broadly speaking, this Ludwieg tube is a specific wind-tunnel which enables to test different designs at Mach 6 or 7.

Hypersonic represents an important challenge for researchers and for the Air Forces. Space exploration requires this studies but also Air power, given that a high velocity vector can provide several advantages to penetrate the enemy defenses.

Thomas GIL was not the first French cadet working on this wind-tunnel: 6 cadets in pairs took part on the project since 2012. Such an involvement in only 3 years reveals again the high level of cooperation between our two academies. Cooperation will go on with another cadet working on it this Fall.


Monday, June 1, 2015

Graduation 2015: SecAF to cadets: ‘Lead Us Into The Future’

Originally published in af.mil (May 29, 2015).

SecAF to cadets: ‘Lead Us Into The Future’
By Cheryl Pellerin, DoD News, Defense Media Activity / Published May 29, 2015



WASHINGTON (AFNS)  -- Cadets graduating from the U.S. Air Force Academy as second lieutenants are entering the profession of arms at a time of unprecedented change and challenges, said Secretary of the Air Force Deborah Lee James to the Class of 2015 May 28, in Colorado Springs, Colorado.

Delivering the commencement speech at the Academy’s Falcon Stadium, James said changes in geopolitics, technology and threats had taken place since the cadets began their four years of intense leadership training.

“Four years ago we were engaged across the world in many different missions and today we still are, but I would give that an uptick -- we are more globally engaged than we were four years ago,” James told the audience, detailing the changes.

Some of the world actors have changed, as have locations our nation worries about, she said.

Narrowing gaps

“Our budgets are tighter, and from a technological standpoint the gaps between us and our nearest competitors are closing,” James said.

A high operations tempo coupled with frequent deployments and aging equipment prompt concerns about readiness across the Air Force. And disruptive technologies and weapons once possessed only by advanced nations are in the hands of a growing cast of nonstate actors and terrorist organizations, the secretary said.

“China and Russia meanwhile are plowing full-speed ahead with their military modernization programs,” she added, “and they're developing worrisome advanced capabilities like anti-air, counter-space and defensive cyber warfare capabilities.”

In the last year alone, the Air Force helped take the fight to the Middle East against the Islamic State of Iraq and the Levant, the secretary said. Airmen helped curb the Ebola epidemic in Africa, provided humanitarian aid after multiple earthquakes in Nepal, and helped reassure U.S. allies in Europe against a resurgent Russia.

1-800-USAF

“If there’s one thing that’s clear to me in the year and a half that I've been honored to be secretary of the Air Force, it’s that when big things happen around the world, the president of the United States calls 1-800-USAF and … we kick into action -- big time,” she said.

Because the pace of operations is unlikely to slow, James urged the graduating cadets “to lead us into the future because you are the next generation of leaders that Secretary of Defense Ash Carter calls the force of the future.”

Future Air Force leaders must be open to new ideas, welcome new ways of doing business and understand that the world is much more dynamic and complex than it has ever been, she told the cadets.

Deter, defend

“Remember, graduates,” James said, “ultimately we exist for one reason, and that is to deter and defend and if necessary to fight and win America's wars.”

Everyone, she added, regardless of job description, career field or whether they are active duty, guard, reserve or civilian -- has a role to play in the fundamental mission.

“Secretary Carter and I believe that your success, your ability to lead us into that future and to fight and win America's wars, will rest on three main pillars,” James said.

The first is to extend the technological edge over potential adversaries, she said. The second is to ensure that the Air Force is efficient and accountable and the third is to ensure that the future force leverages the finest talent America has to offer.

Of the more than 800 cadets graduating today from the Academy Class of 2015, 89 are continuing on to graduate school, 360 are going directly into pilot training, 44 are destined for nuclear or missile operations, and 89 are headed for the fields of space and cyberspace, the secretary said.

Diversity, inclusion

The Class of 2015 also is one of the most diverse classes in academy history, with more than 20 percent women and 26 percent minorities, James said.

“Going forward,” she said, “I think we can and must do even better, because … our future readiness will depend in part on our ability to successfully draw the best talent from every sector of society and every corner of this nation.”

This, she added, is why the Air Force is committed to “diversity and inclusion in our Air Force, to expanding opportunities for women, … removing barriers for same-sex couples (and) creating more on ramps and off ramps,” so personnel can more seamlessly go from active duty to national guard or reserve and back at different times in their careers.

“It's why we're developing leaders who are committed to an ethical and expert profession of arms and will focus on a culture where everyone is treated with the dignity and respect they deserve,” the secretary said, “leaders who will take care of their people (in) an Air Force where sexual assault simply has no safe haven.”

Bottom line

James said the bottom line for future airmen is to institute Air Force core values -- integrity first, service before self, and excellence in all they do -- in every action going forward.

“I charge you to lead us into a future where you will need to confront and … overcome challenges unlike anything you could have imagined. You'll be asked to solve complex and multifaceted problems and your resolve will be tested over and over,” James said.

She added, “I charge you to lead us into the future with a more diverse and inclusive workforce and to help foster an environment and culture of dignity and respect, and … to care for the men and women under your command as well as their families.”


Congrats !


Thursday, May 28, 2015

Exchange 1979

The 1979 French exchange cadets:


Conley - Graper - Rodriguez - Shivnen - Valentin - Bigo - Lièvre - Claypool - Émile- Daily - Dautremer - Hogdon - Lafrombois

FYI: Pascal Valentin is a General and was the commander (among other things) of the European Air Transport Command at Eindhoven Airbase, in the Netherlands, from 2012 to 2014.

 

Friday, February 27, 2015

Echange 2006

The 2006 French cadets:
From left to right: Clément Racine, Emmanuel Marenghi, Guillaume Dornier, Clément Salle, Fabien Guillas, Mathieu Turquais, Claire Mérouze and Rémi Maio.




Avec Jacques Adnet


Academy Spirit: "Opening new doors"

Originally published in Academy Spirit (Feb. 13th, 2015).

Please note the comments of Lt. Col. Rich Dodge [Ex'95], chief of Franco-German language division at USAFA.

Academy Spirit (Feb. 13th 2015)

by Airman 1st Class Rachel Hammes
U.S. Air Force Academy Public Affairs


2/13/2015 - U.S. AIR FORCE ACADEMY, Colo. -- During their four years at the Academy, cadets are presented with many opportunities, whether it's a chance to jump out of an aircraft or apply for a Rhodes scholarship. Beginning their second year at the Academy, cadets have an opportunity to participate in a semester abroad at a foreign college, a semester exchange at a foreign service academy or a Cadet Summer Language Immersion Program through the Office of International Programs here.

"I think being familiar with other cultures - especially Middle Eastern culture right now - is so important," said Cadet 1st Class Chloe Donoho, cadet in charge of the spring 2015 cadet outreach for international programs. "Learning how they live and how to communicate with them is such a great experience, and being able to break through the language barrier while still being respectful is so important. I think having the courage to explore is important for officers."

Donoho spent three weeks in Morocco in 2013 through CSLIP.

Lt. Col. Paul Howe, director of International Programs, said positions for overseas exchanges and semesters abroad are highly competitive.

"In 2015, we had over 600 cadets apply," he said, explaining cadets must meet minimum requirements concerning their grade point average and athletic fitness to be eligible. "We also talk to the air officers commanding and get formal input for many of the programs - especially the semester exchange programs. From the AOC's perspective, 'Is this cadet ready to go abroad? Will they represent the Academy well? Will they benefit, and will the Academy benefit from sending them?'"

Cadets participating in international programs can visit a wide variety of foreign countries, including Chile, Morocco, Canada and Germany. Cadets on exchanges can attend academies in France, Germany, Chile, Spain, Canada, Japan and Singapore.

"We expect them to go to every class, just like here," Howe said. "In an exchange program, we expect them to engage in all the military components of that. So there are expectations, but we try to phrase it in the idea that these are fantastic opportunities, and these are the expectations that accompany them. It's a way for them to grow outside the Academy setting, and to translate what they've learned here to a different environment. Their language skills grow, but I think they grow as people as well."

Maj. Victor Colon, deputy director of the International Programs Department, feels cadets grow from the experience in a way that will ultimately help them in the Air Force.

"Cadets don't get a foreign experience at the Academy unless they go overseas," Colon said. "When they actually see it, it opens their eyes."

Colon said the bonds formed between countries and academies through exchanges and semesters abroad will prove useful in the future.

"I don't think we'll ever go to war by ourselves again," he said. "We will always go in some kind of allegiance, and those who have met and become friends through exchanges will find each other once they get there. And because they've had that experience together, they can show a respect and an awareness of each other's cultural traditions."

Lt. Col. Rich Dodge, chief of the Franco-German language division here, agrees that participating in an exchange can have far-reaching effects.

"The French exchange was one of the most rewarding programs I've participated in during my Air Force career," he said. "In addition to expanding my knowledge of the French culture and language, I also began professional and personal relationships with French air force officers. The combination of the knowledge I obtained and the friendships I made has opened many doors for me during my career. For example, as a captain working in a NATO airborne warning and control system squadron in Germany, I was selected to take the lead for preparations for a training exercise that would take place in France. As I spoke with the French base operations personnel about using their facilities to support the exercise, they were definitely impressed that I was willing to speak their language and that I knew a bit about the French air force. This kind of thing goes a long way as we work together with our allies to accomplish our common goals."

Despite the difficult entrance specifications for semesters abroad, exchange programs and CSLIP, Donoho encourages her fellow cadets to apply.

"There are certain requirements you have to meet, but if you have even the slightest interest, work toward it," she said. "Come up to our department on the fifth floor of Fairchild - there are so many foreign officers willing to give you advice. It's an amazing experience, and it's one I think everyone should have."

Tuesday, January 20, 2015

In remembrance of Cadet Axel Dufour [Ex'07] who died in 2008

Aspirant Axel Dufour [Ex'07] and a childhood friend, both experienced climbers, attempted to summit the North face of Crabère Peak (8,303 ft) in the Pyrénées Mountains on Sunday morning January 20th 2008. According to the French Search and Rescue, the two boys had fallen nearly 1000 ft when their bodies were discovered.

The funeral has taken place in Cier-de-Rivière, Axel’s home village near of Toulouse, in presence of General Gratien Maire, Superintendent from the French Air Force Academy, and many Aspirants from the “Promotion Colonel Clostermann”, Axel’s graduation class. Capt Dan Wilkinson, the USAF exchange officer at the Ecole de l’Air represented USAFA.

In the semester he spent at USAFA, Axel was known as a brilliant and helpful young man who consistently encouraged the cadets of Squadron 21 to pursue and achieve greater success.  He will be greatly missed.
Saber presentation ceremony - Dec 5th 2007 - Brig Gen Born  - Asp Dufour - Col Mueller

Thursday, January 15, 2015

Exchange 2010

The 2010 French cadets:
Do I need to say where was taken the picture?

Arnaud CABANEL, Stéphane CHEVRIER, Nicolas LE TALLEC, Claire-Marie COPEL, Edouard LEVERD, Marie MIKOLAJCZAK, Lindsay BISET-BENTCHIKOU and Timothée ABOUKRAT