Thursday, June 26, 2014

[EMA 2012 - SLT DALES & ZATOUT] Les Geeks à Colorado Springs


Les Geeks à Colorado Springs


Un stage de fin d'année de trois mois à l'US Air Force Academy... Bien plus qu'un souhait, un rêve devenu réalité. Et pourtant, pour des ressortissants de l’École Militaire de l'Air, spécialistes en informatique, rien n'était joué d'avance. Précurseurs de notre filière à poser un pied au Fairchild, l'exploit n'en était que plus grand et unique.

La fine équipe devant Alcatraz

S'il y a un détail qui frappe le cadet français dès son arrivée aux États-Unis, c'est bien l'immensité. Que ce soient les proportions des aéroports, des villes, des voitures, de l'USAFA ou des Venti servis dans la chaîne Starbucks, tout est incroyablement plus grand et massif. Imaginez-vous, à titre comparatif, qu'il faut en moyenne 10 minutes, à pied, au cadet français pour quitter la base aérienne de Salon de Provence et qu'il faut environ 15 à 20 minutes, en voiture, au cadet américain afin de sortir de son école : le contraste est plutôt saisissant.

On pourrait donc croire que les premiers jours à l'USAFA sont pénibles, que le cadet français se sent perdu dans un monde aux antipodes de celui dans lequel il a l'habitude d'évoluer. Mais cela serait sans compter sur l'incroyable investissement des cadets américains, suivant des cours de français, désireux de partager avec nous la langue de Molière, de Shakespeare et quelques margaritas. Dès l'arrivée à l'aéroport, nous avons été pris par la main et mis dans le bain d'office : un petit bahutage consistant à passer la commande des pizzas pour toute la tablée !

Les informaticiens et les mécanos, sacré cocktail !

Le lendemain, la première journée à l'USAFA attaque ! Dès le matin, vous suivez le Commandant D'Oliveira dans ce qui vous semble être un dédale inextricable de couloirs et d'étages. Malgré le décalage horaire et votre corps qui semble ne plus vous envoyer les bons signaux (faim, sommeil, altitude, etc...), vous découvrez que l'école abrite pas moins de 4000 élèves, quand même 10 fois plus qu'à Salon de Provence. Les infrastructures sont impressionnantes, les élèves agréables et avenants et les cadres curieux de pouvoir échanger quelques mots avec les frenchies tout juste arrivés. Le point d'orgue reste tout de même la visite de la bibliothèque. Toujours derrière le Commandant D'Oliveira, vous gravissez les 6 étages qui vous mènent vers les rayons de livres consacrés à l'informatique. Seul problème, monter au sixième, à 2000 mètres d'altitude, avec le décalage horaire, les 24 heures de voyage de la veille, ce n'est pas facile. Du coup, une fois au sixième, vous essayez de vous cacher lamentablement dans les rayons d'informatique, faisant mine de regarder quelques ouvrages afin de reprendre votre souffle et faire cesser la cavalcade incessante de votre cœur, tout en essayant de faire mine d'écouter le Commandant d'Oliveira qui vous décrit les lieux. Un moment d'anthologie qui n'a de cesse de nous redonner le sourire à chaque fois que nous l'évoquons...

Vient ensuite le moment où vous rencontrez vos tuteurs de stage... Accessibles au possible, faisant fi des barrières de la langue et liées au grade, ils vous présentent leur équipe et tentent de vous mettre au plus vite le pied à l'étrier sur votre projet. Là encore, le choc des cultures est assez saisissant. Lorsque vous travaillez pour l'USAFA, vous êtes force de proposition, vous faites votre stage. Autant vous dire que les premiers jours, même en étant assez autodidactes, le désœuvrement fini très vite par vous guetter, tant cette méthode de travail est inhabituelle pour les cadets français.

La conquête du Grand Canyon

Puis les semaines passent, le projet avance et chaque weekend est une nouvelle découverte. De ces moments privilégiés, nous retiendrons sans hésiter le regard de Lincoln résolument tourné vers l'avenir au Mont Rushmore, les silhouettes énigmatiques des monolithes érodés de la Monument Valley, le charme incomparable et éblouissant d'un trail au fond du Bryce Canyon, la décadence et les vices inhérents à Las Vegas, la saveur inégalable du cioppino de San Francisco, les fatigantes Great Sand Dunes du Colorado sans oublier bien sûr le White Chocolate Moka des Starbucks. A contrario, nous oublierons très vite les feux de signalisation à répétition de Colorado Springs, les voitures de location à boîte automatique, les immondes concombres salés offerts en appetizers et surtout l'inénarrable malbouffe dont nous avons souffert au Mitchell Hall ! Sorry Guys...

Nous profitons de cet article de blog pour remercier vivement le Commandant D'Oliveira qui sait être accessible, disponible et attentionné. N'oublions pas Miss Bowen sans laquelle récupérer notre courrier aurait parfois été difficile ! Un grand merci au Major Moe qui nous a accueilli avec gentillesse dans la Squadron 9 des Vikings : Vikings Forever !!! Mention très spéciale à tout le Computer Science Department, du colonel qui nous a invité à voir les rencontres de football de la World Cup sur grand écran en passant par nos inégalables tuteurs : Major Chiaramonte et Major Caswell. Enfin, tous nos remerciements à l’École Militaire de l'Air, pour nous avoir donné cette chance inestimable d'être à l'USAFA.

Comme dirait Olympe : "Pas facile, difficile..."

Pour finir, il est important de retenir que l'affection toute particulière des Américains pour l'aspect théorique de la cyber-défense alliée à notre technicité a su donner, cette année, et pour la première fois au profit de stagiaires spécialistes en informatique, un résultat très profitable pour nos écoles. Puisse cette expérience être renouvelée !


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